Taisnil

Le château de Taisnil chatTAIS

Possession au 13ème siècle d’une famille de Taisnil, la seigneurie, qui relevait de Picquigny, appartint à Guillaume de Bacouel au 14ème et à Jean du Caurel, échevin d’Amiens, au début du 16ème. En 1716, l’Amiénois Pagès cite à Taisnil les familles de Bellingan et Rouvroy. La terre échut ensuite à François Pinguet qui fut inhumé en 1753 dans le chœur de l’église.

François-Xavier Boulanger de Rivery la racheta à ses héritiers. Conseiller au parlement de Paris, il mourut en 1788 et fut également enterré dans le chœur. Monsieur Bosquillon de Rosières lui aurait succédé l’année suivante.

L’ancienne maison seigneuriale est un édifice de modestes dimensions dont la construction ne peut faire l’objet que de prudentes hypothèses. Bâtie sur les caves d’où se détachent plusieurs galeries, la partie de gauche pourrait remonter aux années 1640, si l’on en juge par sa maçonnerie de briques où les chaînes de pierre rappellent l’étroitesse des fenêtres d’origine. Au-delà d’un pavillon central dissymétrique, la partie droite dut être construite à la fin du 17ème siècle, cette fois sur deux niveaux, et prolongée par un étroit pavillon saillant, en craie taillée, identique à celui qui devait préexister à gauche. Au 19ème siècle, on régularisa l’ordonnance de la façade arrière, sans chercher à réaliser l’équilibre des deux principaux corps de bâtiment.

Acquise à la fin du 19ème siècle par Monsieur Paulus, qui fit élever une chapelle au fond du parc.

Sources

Gentilhommières en Picardie
Amiénois et Santerre
Philippe SEYDOUX

La chapelle du château construite à la fin du 19ème siècle

chapchatais eglisetaisnil

L’église et autres édifices de Taisnil

L’église en pierre dédiée à Saint Martin date du XVIe siècle. Elle est constituée d’une nef surmontée sur la façade d’un clocher carré en ardoise datant de 1784.

Le portail a été reconstruit en 1843 dans le style grec. Il est coiffé d’une rosace de style ogival flamboyant. La porte est en anse de panier à moulures fouillées.

Le presbytère a été reconstruit en 1876 et l’école date de 1893.

Origine de Taisnil

placetais Les premiers textes qui font état de l’existence de Taisnil remontent à 1150, d’après le dictionnaire historique de Picardie. Le village porta successivement les noms de Taisny (1150), Thaisny (1236), Tagny (1657). La seigneurie dépendait autrefois de Picquigny.

L’origine du nom pourrait venir de « taisnière » qui signifie en ancien français un lieu habité par des blaireaux, une tanière. Une autre explication plus topographique viendrait du mot ardennais « têne » désignant un coteau, un tertre.

Les habitants de Taisnil sont surnommés « ché belges » en raison du passage de travailleurs belges dans le village au siècle dernier.

Dicton

« A TAISNI , QUIOTES GEINS, GREINDS NIDS »

Lieux-dits

– le Bois des Jardins,
– le Maillot,
– Sous les Vignes
– La Rue de la Chaussée,
– Le Moulin,
– La Croix d’Amiens
– Les Halleux,
– Le Fond de Péronne,
– La Vallée de l’église
– Neuville,
– Lemonet,
– Damotte,
– Les Carreaux,
– Le Vallardins,
– La Croisette
– Les Hauts Routiers,
– Le Bois de Goudaille
– Le Rivage
– La Rue Bigaudet.

Sources

Histoire et archéologique de la Picardie
Arrondissement d’Amiens
Culture et Civilisation

Seigneurie de Taisnil

C’était une pairie (fief, domaine auquel la dignité de paire était attachée) de la chatellenie de Picquigny, mouvant de l’évêché d’Amiens. Au 13ème siècle (1279), un quart était tenu du seigneur de Maruel, et auparavant (1223), du seigneur de Saint-Sauflieu. En 1598, la seigneurie comprenait 70 journaux à la sole, 40 journaux de bois coupé, moulin, garenne, censives et champart.

Les premiers seigneurs ont porté le nom du village. Jean de Taisnil reconnaissait devoir au vidame un an de stage à Picquigny avec sa femme, à ses frais en 1223. Guillaume, seigneur en partie, résigna aux mains de l’évêque d’Amiens les droits qu’il possédait à la collation de la cure (octobre 1253) ; Jean, écuyer, sire de Taisnil, renouvelait au vidame la charge de stage d’une année qui pesait sur les trois quarts de la seigneurie de 1279 à 1280. Pierre Grimaud légua la seigneurie à Jean de Labbye, mayeur d’Amiens en 1435.

Puis Taisnil passa à la famille du Caurel, à laquelle il demeura longtemps : Jean de Caurel, échevin d’Amiens, en 1510, puis Guillaume du Caurel, écuyer, bailli d’Amiens, en 1560.

Il n’en sortit qu’à la fin du 17ème siècle ou au début du 18ème, pour devenir la propriété de François Pinguet, écuyer, seigneur de Rouvroy, époux de Marie Chevalier. Il mourut à Taisnil, âgé de 86 ans, le 19 décembre 1753, laissant Taisnil à François-Guillain Pinguet, son fils, écuyer également. Il est probable que, héritière de ce dernier, Marie-Françoise Morel, fille de Marie-Françoise Pinguet et de François Morel (seigneur de Tilloy), et femme de Charles-Joseph d’Aumale, chevalier, l’aura vendu ; car en 1788 apparaît un nom nouveau.

Le 30 décembre mourait à 20 ans, Anne-Alexandrine-Adélaïde Bosquillon, dame de Rosières, et femme de François-Xavier-Félix-René Boulanger de Rivery, chevalier et seigneur de Rivery, de Taisnil et de Domesmont, mais aussi conseiller au parlement de Paris. Elle fut inhumée le 2 janvier 1789 dans l’église de Taisnil.

Sources
Histoire et archéologique de la Picardie
Arrondissement d’Amiens
Culture et Civilisation


Photos anciennes