Namps au Mont

Le château de Namps au Mont

A une extrémité du village, le château de Namps au Mont, entièrement construit en pierre blanche, élève sa façade classique au milieu d’un cadre de grands arbres. Le corps de logis à deux étages est prolongé par deux ailes de service plus basses. Du côté de l’entrée, un avant-corps arrondi à fronton triangulaire donne à sa façade l’élégance particulière qui est plutôt celle des constructions de ville. Sur le parc, son élévation est très voisine de celle du château de Courcelles, qui lui est contemporain ; les proportions sont toutefois plus réduites et le constructeur a abandonné ici le traditionnel décor à panneaux de brique.

De même que la salle à manger, qui donne sur les deux façades, le vestibule est pavé de grands carreaux vernissés de belles couleurs : brun-rouge et orangé. Il dessert l’escalier et précède le grand salon central, largement éclairé par trois portes-fenêtres aux clés délicatement sculptées de motifs Louis XV.

Précédé d’une grille transférée de Bourdon, le château comprend un corps principal prolongé par des ailes placées en retrait. La grille  est classé au patrimoine des monuments historiques. Le chateau présente sur la cour une sobre façade dont l’élégance n’est pas sans rappeler celle des demeures de ville. Ornée d’un balcon en fer forgé, de clés et de consoles sculptées, la travée centrale s’inscrit dans un avant-corps aux angles arrondis, couronné d’un fronton nu. De part et d’autre s’ordonnent des fenêtres au linteau rigoureusement droit.
Le château fut construit vers 1760 par Meneslée-Hyacinthe de Bonnaire, né en 1713. Mestre de camp de cavalerie, puis lieutenant de la compagnie des grenadiers à cheval du Roi, il reçut la croix de Saint-Louis en 1744, au siège de Menin. Suivant acte passé le 29 décembre 1746, il acquit de la veuve du marquis de Monchy, remariée au marquis de Cabaret, gouverneur d’Ypres, la terre et seigneurie de Namps-au-Mont, avec maison seigneuriale, cour, jardins, terres et bois, pour le prix de 84 000 livres. C’est à Namps qu’il demeurait ordinairement lorsqu’en 1759, à Paris, il épousa Marie-Anne Guérard, fille unique d’Edmond Guérard, receveur des tailles à Troyes.
En 1762, les travaux de charpente étaient achevés ainsi que l’escalier principal en chêne, qui dessert les deux étages.

Il devait jouir d’une aisance financière certaine, puisque la construction du château actuel ne l’empêcha pas d’acquérir la seigneurie d’Ignaucourt en Santerre et en 1779 le fief du Bois des Jardins, mis en vente par le marquis de Monsures. Il demeure au château avec son épouse de 1767 jusqu’à sa mort.

Son fils Pierre-Victor (1760-1837), nommé louvetier du Roi en 1785, est rappelé pour traquer les loups, en particulier sous le Directoire. Jusqu’en 1836, il continue à débusquer les animaux des bois de Wailly, proches de Namps. Passé par alliance au vicomte Blin de Bourdon, puis au baron Vassart d’Andernay, actuel propriétaire, le château conserve des souvenirs de la Mère Blin de Bourdon qui, libérée des prisons révolutionnaires, fut, avec Julie Billiart, à l’origine de l’Institut des Sœurs de Notre-Dame.

Sources
Gentilhommières en Picardie, Amiénois et Santerre
Editions de la Morande,
Philippe Seydoux

L’église de Namps au Mont

L’église Notre Dame date du XVIIe siècle. Elle possède une tour hexagonale sur la façade, terminée par un beffroi carré en ardoises. Cette tour s’est effondrée en partie en 1830 et a été refaite en 1834. Un larmier règne à l’extérieur le long des murs de la nef qui est voûtée en bois, avec poutres apparentes.

Origine de Namps au Mont

Namps au Mont s’appelait Nantum en 1170, Nans in Monte en 1235 (pour le différencier sans doute de Nans in Val, le village voisin) puis l’appellation actuelle depuis 1648.
Autrefois, la seigneurie dépendait de Famechon.

On surnomme ses habitants « ché maoués », peut être en raison du caractère teigneux de certains de leurs ancêtres.

Seigneurie de Namps-au-Mont

Elle était divisée en huit hommages et relevait de la seigneurie de Famechon, mouvance de la principauté de Poix, tenue elle-même du Roi à cause de son bailliage d’Amiens.

Gautier II, Tyrel, sire de Poix, comptait Namps parmi ses nombreux domaines (1068) ; cette terre passa ensuite à ses descendants, Gautier III (1110-1145), Hugues Ier (1145-1158), Hugues II (1159-1199), Gautier V (1190-1227).

Dès 1235, apparaît une famille de Namps : Hugues, chevalier, puis Mathieu, écuyer, qui vendit aux chapelains d’Amiens un droit de champart à Namps en 1292 et 1296. Un siècle plus tard (1382), le possesseur se nommait Hue de Dompierre, chevalier ; elle changea encore de mains quelques années après avec Charles de  Beauchamp, chevalier, seigneur de Beauchamp, Lambercourt et Namps (1407), dont la fille, Aelips, la porta dans la maison de Bournel, en épousant Hue, chevalier, seigneur de Thiembronne, capitaine de Rue. Leur fils, Guichard Bournel, reçut de sa mère la terre de Namps, à condition de reprendre les armes de Beauchamp ; il fut bailli de Guines, capitaine d’Ardres et du Crotoy, lieutenant du comte d’Etampes en Picardie et en Artois et mourut en 1465. En 1564, Gabriel Bournel, écuyer, était seigneur de Namps-au-Mont. Au XVIIème siècle, Jean-Paul Bournel se qualifiait marquis de Namps et vicomte de Lambercourt, mais son fils, Jean-Charles, abandonna ce titre pour celui de maquis de Monchy. Le dernier de la famille, Marc-Charles, chevalier, marquis de Bournel, paraît être aussi le dernier possesseur de Namps. La terre devint alors la propriété de la famille normande de Bonnaire, qui y éleva le château actuel : Mesnelée-Hyacinthe de Bonnaire, chevalier de Saint-Louis, brigadier des armées du Roi (1759-1768) ; Pierre-Victor-Hyacinthe de Bonnaire, chevalier, officier au régiment de Flandre, baron de Namps-au-Mont, arrêté le 17 février 1794 et enfermé à Bicêtre.

Sources
Histoire et archéologique de la Picardie
Arrondissement d’Amiens
Culture et Civilisation

Dicton

«NAMPS AU MONT, DA UN FOND, MONTRE SEIN CATIEU QU’EST TOUT BIEU »

Photos anciennes