Namps au val

Namps, pays de la chaise en bois

De l’usine Fouré et Retourné, il ne reste désormais plus qu’une friche industrielle envahie par la végétation. Seule la cheminée s’aperçoit encore de loin.
Tout a commencé avec l’association des trois frères Fouré en 1876. Ceux-ci ayant mis en place une machine à vapeur, la production de chaises a nécessité rapidement l’embauche de quinze ouvriers. L’expansion s’est confirmée surtout après la première guerre mondiale.
Et à son apogée, vers 1950, la fabrique employait une centaine d’ouvriers et produisait 600 chaises chaque jour. De nombreuses rempailleuses, dont une vingtaine habitait à Namps au Val, finissaient les chaises chez elles. Les plus adroites d’entre elles parvenaient à garnir deux sièges par jour.
Depuis le début des années 1980, la fabrique a cessé son activité.

Le cimetière militaire

En 1918, au cours des combats qui opposèrent les troupes alliées à l’occupant allemand, plusieurs centaines de soldats, essentiellement britanniques, moururent sur le territoire de Namps au Val.

Presque toutes les victimes enterrées dans ce cimetière sont tombées en mars et avril 1918 dans les combats de la Première Guerre Mondiale de soldats et aviateurs dont
326 Britanniques,
24 Canadiens,
57 Australiens,
1 Sud-Africain,
16 Français.
Un total de 424 sépultures.

Il y a aussi la tombe d’un militaire britannique de la Deuxième Guerre Mondiale.

Ce cimetière fut créé pour accueillir leurs dépouilles et honorer leur bravoure.

Le 02 novembre 2014 , une cérémonie du centenaire a eu lieu . Cliquer ici pour voir plus d’informations sur cette journée.

Anciens Combattants Canada

À la mémoire de Lieutenant
GORDON MURIEL FLOWERDEW
Décédé(e) le 31 mars 1918
Numéro matricule : 2505
Âge : 33
Force : Armée
Unité :  Lord Strathcona’s Horse (Royal Canadians), R.C.A.C.

Mention élogieuse : Pour sa bravoure et sa fougue exceptionnelle à la tête d’un escadron chargé d’exécuter une mission spéciale très importante. Lorsqu’il parvint au premier objectif, le lieutenant Flowerdew vit devant lui deux lignes ennemies, distantes d’environ 200 verges, constituées toutes deux d’une soixantaine d’hommes et équipées de mitrailleuses au centre et sur les flancs. Prenant conscience de l’importance capitale de l’opération ainsi que de l’enjeu, le lieutenant Flowerdew donna l’ordre à une troupe commandée par le lieutenant Harvey, V.C., de mettre pied à terre et d’effectuer un mouvement particulier pendant qu’il chargerait avec les trois autres troupes. L’escadron (moins une troupe) traversa les deux lignes, passant au fil de l’épée un grand nombre de soldats, puis fit demi-tour et se rua de nouveau sur l’ennemi. Le lieutenant Flowerdew perdit environ 70 pour cent de son effectif, qui fut tué ou blessé par les tirs de fusils et de mitrailleuses provenant de face et de côté, mais l’ennemi se retira. Les survivants de l’escadron s’établirent dans une position où ils furent rejoints, après de vifs combats corps à corps, par la troupe du lieutenant Harvey. Le lieutenant Flowerdew fut grièvement blessé aux deux cuisses durant l’opération, mais continua d’encourager ses hommes. Il ne fait aucun doute que le grand courage de cet officier fut le facteur déterminant dans la prise de cette position.

Décorations et titres honorifiques :  Croix de Victoria
Date de naissance : 2 janvier 1885
Fils de Arthur J. B. et Hannah Flowerdew, de Billingford Hall, Scole, Norfolk.

Sources
Commission des sépultures de guerre
du Commonwealth

LA GUERRE SUR LE FRONT OCCIDENTAL 1914-1918

Pendant la Première Guerre Mondiale le Front Occidental – un front continu s’étendant de la côte de la Manche à la Suisse sur lequel, pendant quatre ans, des millions d’hommes ont combattu et sont morts – fut un théâtre d’opérations de toute première importance. Contre l’Armée Allemande étaient déployées les armées du Commonwealth Britannique, de la France, de la Belgique et, plus tard, des Etats-Unis. Pendant les deux premiers mois une guerre de manœuvre permit de contenir et de refouler la poussée initiale allemande. Puis s’ensuivirent trois années et demie de combats statiques de tranchée – une guerre d’attribution – au cours desquelles la capacité défensive était de la plus grande importance. Aucun des adversaires ne pouvait effectuer une sortie et de grandes batailles furent livrées pour des gains territoriaux infimes. Les sept derniers mois furent une guerre de manœuvre culminant en une offensive alliée qui, ayant débuté en août, parvint finalement à accomplir une percée menant à l’armistice du 11 novembre 1918.
Au début de 1914 les six divisions du Corps Expéditionnaire Britannique en France furent déployées aux côtés des armées françaises et jouèrent leur plein rôle à partir du 23 août dans les Batailles de Mons, Le Cateau, la Marne et l’Aisne. Les trois semaines suivantes, pendant lesquelles le front du combat bougeait chaque jour, furent une période hautement critique au cours de laquelle le plan allemand pour mettre un terme rapide aux combats fut un échec et l’issue de la guerre remise à plus tard.

Pendant les deux premières semaines d’octobre le C.E.B fut déplacé du secteur central du front dans les Flandres. Ce changement réduisit ses lignes de communication, qui passaient par Dunkerque, Calais et Boulogne, et lui permit de protéger ces ports qui étaient d’une importance vitale à la fois pour son propre ravitaillement et renforcement et pour le contrôle de la Manche par la Marine Royale. Pendant les quatre années suivantes les forces du C.E.B. s’accrurent à cinquante divisions britanniques et douze du Commonwealth d’outremer et des troupes du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle Zélande, de l’Afrique du Sud, de l’Inde et des autres territoires. Le C.E.B. reprit progressivement une plus grande partie des secteur nord du front allié et livra une série de batailles d’attribution dont la plus grande fut la Première Bataille de la Somme en 1914.

Les offensives allemandes de la fin mars à la mi-juillet 1918 furent contenues et la contre-offensive menant à la victoire commença le 8 août avec la Bataille d’Amiens se poursuivit sur un front élargi avec les Deuxièmes Batailles de la Somme et d’Arras et, en septembre, s’étendit au Saillant d’Ypres. L’avance prit rapidement de l’ampleur et le jour de l’Armistice la ligne du front atteignait quatre-vingt kilomètres ou plus à l’est des points de départ.

Presque 750 000 soldats, marins et aviateurs du Commonwealth perdirent la vie sur le Front Occidental – 200 000 en Belgique et plus de 500 000 en France. Leur mémoire est commémorée par des stèles marquant leurs tombes dans 1000 cimetières militaires et 2000 cimetières civils, ou par un des six monuments en Belgique et vingt en France qui portent les noms de plus de 300 000 d’entre eux qui n’ont pas de tombe connue.

La Commonwealth War Graves Commission a construit ce carré et est responsable de son entretien.

Sources
Plaque du cimetière

 

L’église  de Namps au Val

Nous sommes mal renseignés sur l’histoire de l’église de Namps-au-Val, petite, mais conçue dans d’heureuses proportions et avec un souci d’élégance très marqué.

Nous savons cependant, par une notice qui remonte à 1842 et dont l’auteur, Garnier, a puisé sa documentation dans l’Histoire manuscrite du doyenné de Poix écrite au XVIIIème siècle par le P. Daire, qu’elle existait en 1178, dédiée tout d’abord à Saint Fuscien, puis ensuite à Saint Martin. Le même auteur apprend encore que, le 8 juillet 1198, Osmont de Namps donne au curé et au chapelain de Saint-Nicolas de la cathédrale, le terrage de Namps, moyennant qu’une part en soit abandonnée au chapelain qu’on doit installer dans l’église de Namps. Ces dates s’accordent avec le style de l’architecture et, après avoir étudié l’édifice, nous aurons l’impression que les travaux durent commencer par le chœur vers 1150, se poursuivre dans la nef vers 1180, et se terminer par le clocher latéral au chœur, dans le cours du XIIIème siècle.

Ce n’est plus qu’au XIXème siècle que nous retrouvons quelques documents historiques.

Le monument était en fort mauvais état lorsque le Congrès archéologique de France se réunit à Amiens en 1839, puisqu’à cette occasion la Société française d’Archéologie vota quelques sommes pour aider à le réparer. Mais la restauration radicale ne fut entreprise qu’en 1877 par l’architecte Duthoit, restauration radicale, il est vrai, mais où de bons témoins, laissés à propos, témoignent de la probité qui a présidé à la remise en état et permettent une étude sérieuse.

Plan
L’église, dont l’orientation est régulièrement dirigée vers l’Est, comprend une nef unique de quatre travées, suivie de deux travées de chœur, plus étroites et moins élevées que la nef et terminées par un chevet droit.

Nef
Les murs de la nef et le revers de la façade sont garni d’une arcature basse, en plein cintre, moulurée d’un tore et d’une gorge, et surmontée d’une suite de segments de cercle formant archivolte. Elle repose sur des colonnettes aux chapiteaux garnis de longues feuilles dont l’extrémité se retourne en volute. Les bases sont creusées d’une scotie entre deux tores débordant l’un sur l’autre et, elles reposent sur un banc de pierre.

Chœur
L’arc triomphal brisé, à l’angle émoussé par un tore continu, donne accès à la première travée du chœur, voûtée de quatre branches d’ogives profilées d’un boudin aminci entre deux cavets et d’une bande. On remarque que la nervure, dirigée du sud-est au nord-ouest, est bordée latéralement de bâtons brisés, ornementation qui n’existe pas sur l’autre ogive. On sait que des ogives semblablement décorées ne sont pas rares, tout au moins dans le Nord de la France. Le point de croisement des nervures est marqué par une clé à la décoration en faible relief et accompagnée de deux petites têtes qui occupent les angles est et Ouest de l’entrecroisement.

Mobilier
Un bel autel en bois du XVIIIème siècle garnit le sanctuaire. On remarque aussi dans l’église un panneau en bois du XIème siècle, où un bas relief représente le baiser de Jésus.

Extérieur
La façade nue n’est percée que d’un portail en plein cintre à la voussure torique, soutenue par deux colonnettes dont les chapiteaux aux larges feuilles recourbées sont surmontés d’un tailloir rehaussé d’une baguette ; les bases sont moulurées d’une scotie entre deux tores débordant l’un sur l’autre.
Le clocher latéral de plan carré, accosté de la tourelle polygonale de son escalier, a ses deux premiers étages nus ; le second est décoré d’un gable au contour feuillu, et le troisième, légèrement en retrait, est ajouré de larges fenêtres géminées et brisées, au contour torique porté sur des chapiteaux à crochets qui témoignent que nous sommes au XIIIème siècle. Mais la baie orientale, dont l’ébrasement est concave, indiquerait qu’elle a été modifiée plus tard. Une corniche beauvaisine très plate souligne le toit pointu à quatre pans. Le chevet est en partie caché par une sacristie moderne.

Sources
Congrès archéologique de France
Tenu à Amiens en 1936
Par la société française d’archéologie

 La chapelle de Namps-au-Val

A l’origine, la chapelle était en torchis et portait le vocable de Notre-Dame de la Délivrance.

Reconstruite en briques en 1892, sous le nom de Notre-Dame du Bon Secours, elle est située en bas de la route de Conty. A cet endroit, il y a très longtemps, des chevaux traînant un lourd chariot se sont emballés dans la descente. Le charretier et ses aides ont promis que s’ils arrivaient en bas de la côte sains et saufs, ils feraient construire cette chapelle.

Sur son fronton, est inscrite cette phrase en latin : « Fondavit pietas, Redificavit charitas », fondée par piété, réédifiée par charité.

Comme dans toutes les chapelles de cette fin de siècle, on trouve de chaque côté de la porte, deux troncs pour recueillir les aumônes des fidèles, l’un pour dire des messes, l’autre pour l’entretien de la chapelle.

Sources
Chapelles et oratoires en Pays de Somme,
André Guerville

La gare NAMPS QUEVAUVILLERS

La gare SNCF datant de 1868 est toujours en service sur la ligne électrifiée Amiens – Rouen.

Origine de Namps au Val

Les premiers textes qui font état de l’existence de Namps au Val remontent à 1145, d’après le dictionnaire historique de Picardie. L’église, qui date de la fin du XIIe siècle, selon J. Garnier, de la Société des Antiquaires de Picardie, atteste également l’existence d’un habitat organisé, au cours de la période romane. Mais depuis la découverte importante faite au début de 1956, à l’occasion de la construction d’un hangar dans l’usine de M. Retourné, de treize sépultures barbares prouvant l’existence d’un cimetière méro-carolingien, on est certain qu’une agglomération existait déjà aux VIIe et VIIIe siècles.

Le nom de Namps serait, d’après certains historiens régionaux, d’origine celtique : nantos, nant, nans qui signifieraient « vallée ». Pour d’autres, les mots nant, nans, nan désigneraient un cours d’eau. Mais, dans l’histoire connue de ce village, nulle part il n’est mention du moindre cours d’eau prenant naissance ou coulant dans cette vallée. Namps au Val est situé dans une vallée sèche et entourée de bois, et comme toutes les localités picardes dépourvues de rivière ou de ruisseau, ne possède que des mares. La première affirmation semble donc la plus plausible.

Le village s’est successivement appelé Nampton Vallis en 741, Nams en 1145, Nans in Val en 1259, Nans au Val en 1301 puis Namps au Val depuis 1648.

On surnomme ses habitants « ché capieux noirs » en raison d’une habitude qu’avaient les notables du village de porter un chapeau noir lors des grandes occasions.

En 1756, il n’existait qu’une seule mare située au bout de la rue Ecce Homo et un seul puits sur la place.

En 1825, la mare rue Ecce Homo n’existe plus par contre, celle qui subsiste actuellement a été creusé. La forge est implantée au milieu de la place

Courrier Picard du 23 Août 1977 :
« Namps-au-Val – Un passé parfois gênant… »
Il n’y a pas que le présent qui  pose des problèmes : le passé aussi, quand il ressurgit inopportunément. C’est ainsi qu’un habitant creusant sous sa maison pour se construire une fosse septique « tomba » sur une grande pièce voûtée de styles roman d’une blancheur rare et d’une beauté époustouflante… »

Monsieur Frion pense que ces souterrains ont été creusés pour abriter la population contre les invasions à l’époque de la construction de l’Eglise. Un souterrain mènerait aux ruines du château de Monpertuis situées à 2 km vers Famechon.

Sources
DRAC de Picardie à Amiens
et NOZUVO

Seigneurie de Namps-au-Val

Sa mouvance était incertaine. On la trouve tenue en deux fiefs, l’un de la châtellenie de Picquigny, qu’on semblait ignorer en 1740, l’autre de Namps-au-Mont, arrière-fief de Famechon et de Poix. D’aucuns la disaient, en 1671, mouvante de la Seigneurie de Fluy, mais peut-être ont –ils confondu avec le fief du Rondel ci-après.

Elle appartenait à Jean le Catelain, bourgeois d’Amiens, en 1398. Laurent de Fresnoy, qui avait épousé Jeanne de Fay, en était seigneur en partie, en 1455. Le 6 février 1465, ils vendirent leurs deux fiefs tenus de Picquigny et de Namps-au-Mont à Jean Mauchevalier, dit Olivier, seigneur de Wailly. Depuis lors, Namps-au-Val et Wailly n’ont cessé d’avoir les mêmes possesseurs.

Sources
Histoire et archéologique de la Picardie
Arrondissement d’Amiens
Culture et Civilisation

Dicton

«EIN ONZE CHENT DIX, A NAMPS AU VAL, EIN STYLE ROMAIN FUT ERIGEE EGLISE PAROISSIALE»

Photos anciennes

La guerre et l’occupation de 1870

L’arrivée et le passage des Prussiens en 1870 a marqué les esprits. La compagnie de pompiers, armée de vieux fusils, avait envisagé d’arrêter l’ennemi sur la route de Rumaisnil. Certains ont réussi à les en dissuader, mais malgré tout, un coup de feu est parti d’on ne sait où. Les jeunes gens, apeurés par les représailles, se sont sauvés dans la plaine de Quevauvillers. Les Prussiens, à cheval, les y ont pourchassés et en ont tué trois à coups de sabre sur la tête. Les noms de ces jeunes gens figurent au monument aux morts.

Un calvaire témoigne de l’événement en face de la briqueterie sur la route de Quevauvillers. Le coup de feu a été considéré comme une attaque par franc tireur et Namps devait être mis à feu et à sang. Le maire de l’époque était un homme avisé ; il a su parlementer avec les Prussiens. Finalement, après beaucoup de discussions, Namps a été rançonné. C’est à dire que ses habitants ont dû donner bon nombre de vaches et de moutons aux envahisseurs. On dit aussi que ces derniers se firent offrir un grand repas aux frais des villageois. Ils exigèrent que les mets soient goûtés par les enfants et servis par les femmes.

Sources
NOZUVO
Village picard et historique